Grenoble 2 : au restaurant self service.
Parti de Lyon je suis arrivé à Grenoble. J'ai travaillé durant toute la matinée et me voilà maintenant dans le restaurant self-service, en plein centre-ville. J'ai pris mon plateau, et je me suis servi au comptoir. Je passe la caisse pour payer avec ma carte bancaire. Mais ce n'est pas très facile ce jour là. Car en hiver je porte un chaud manteau qui m’embarrasse. Il n'y a pas de porte manteau dans ce self. Comme j'ai de nombreuses poches, je dois chercher mon porte-monnaie dans chacune de ces poches avant de le trouver enfin. Je sens la caissière pressée. Je sens qu'elle s'énerve à voir mes hésitations. Je règle rapidement. Je ramasse vite tout ce qui traîne autour de mon plateau garni de petits plats plus ou moins branlants. Je rejoins ainsi encombré, une petite table à deux places libres. J’ai une vue très détendue sur un petit jardin que l'on aperçoit par la grande baie vitrée.
Il n'y a pas beaucoup de clients car je suis arrivé de bonne heure. Je me débarrasse enfin de mon manteau et l'enfile soigneusement sur le dossier de la chaise d'en face, puisque je suis seul à cette table. C'est aussi une manière de signifier que je veux être seul. En tout cas, je veux être tranquille et profiter du temps du déjeuner pour me reposer un peu et griffonner quelques notes, face à ce cadre agréable.
Les tables sont assez rapprochées. Je remarque tout à coup, un jeune homme pas très bien habillé avec une mine patibulaire (Pas tibulaire mais presque) comme le disait Coluche. Il vient s'asseoir à la table devant moi, me masquant la vue sur le jardin. Le dossier de sa chaise ou il a enfilé son blouson, vient toucher mon manteau. Il a pourtant de la place sur la chaise de l'autre côté de la table, mais c'est cette chaise là qu'il choisi. Il me tourne le dos, seul à l'autre petite table. Tout ça pour manger un sandwich ! Enfin après tout rien ne vaut le confort d'une salle chauffée par ce temps froid.
“Zut! J’ai oublié de prendre une boule de pain.”. Je retourne à la caisse. Par chance il n'y a pas beaucoup de monde qui attend. Tout à coup comme j'attends pour payer, j'aperçois de la caisse, mon jeune homme de la table qui cherche dans les poches d’un manteau, en se penchant de gauche à droite. Je le surveille tout en continuant d'attendre mon tour, pour payer mon petit pain. Que fait-il cet olibrius ?
Je me dis qu'après tout il se trompe sans doute de poche et qu’il ne s’agit pas de mon manteau. Après une attente qui me parait longue pour régler, je reviens vite à ma table.
Là surprise!, je m'aperçois que le jeune homme est déjà parti. Mon manteau par contre est bien toujours là sur le dossier de la chaise. Méfiant ! Tout à coup une idée me traverse l'esprit : “Et s'il avait pris mon portefeuille ou la carte bancaire dans la poche?”
Je me lève et cherche précipitamment dans les poches de mon manteau et en particulier dans la fausse poche ou je range habituellement mon portefeuille. Mais je ne le retrouve pas. Je plonge mes mains dans l'autre poche sans plus de succès.
“C'est sur, je suis bon il a pris mon portefeuille!”.
Je m'affole et je retourne voir la caissière après tout je l'ai peut-être oublié à la caisse. Hélas non il n'est pas la. Je me précipite vers la porte du restaurant et regarde dans la rue. Le jeune homme à la mine patibulaire, a bel et bien disparu et sans doute avec mon portefeuille.
“Me voilà propre! Plus de papier d’identité, plus de billets de train plus de carte bancaire! Me voilà bien démuni. Que faire ?”
Je retourne m'asseoir mais je n'ai plus d'appétit. Je suis démoralisé. J'enfile le reste de mon repas comme avec un lance pierre. Je remets mon fameux manteau et fonce dans la rue. J'ai encore espoir de retrouver peut-être mon voisin, le jeune homme débraillé.
Tout en marchant dans la rue, dépité, triste, je glisse inconsciemment mes mains dans les doubles poches car il fait froid en ce mois de février à Grenoble. Il y a de la neige sur toutes les montagnes aux alentours.
Tout à coup je sens comme objet de cuir doux. C'est mon portefeuille ! Je le sors précipitamment et je l'ouvre je retrouve ma carte bancaire, mon billet de train et tout mon argent de poche. Il ne me manque rien. Je me mets alors à rire aux éclats. J'avais oublié ces doubles poches sur le côté. Elles me servent si peu. Ce n’est pas dans ces poches, comme moi je l’avais fait, qu’il a du fouiller, car il faut y penser. C’était sans doute dans son propre blouson.
Le moral revient d'un coup. Ouf! Je sors comme d'un cauchemar.
J’ai revu le jeune homme pas très bien “fringué”. Il était en compagnie, un peu plus loin dans la rue, d'autres copains étudiants qui eux, par contre, étaient correctement vêtus. Ils n'avaient pas du tout le même genre d'ancien soixante-huitard.
Je continue ce jour là à voir mes clients. Je visite surtout des librairies à Grenoble. Il y en a beaucoup. N'oublions pas que c'est une ville universitaire. Certaines de ces librairies ont une renommée nationale. Je vois ce jour là , la librairie Arthaud, Didier Richard, la FNAC, Gilbert, Harel. Je visite aussi les maisons d'activités manuelles comme Grenoble dessin où la papeterie des Beaux-arts. Je suis partout bien reçu, j’ai de la chance
Le soir arrive vite, c’est l’heure de mon train. je rejoins la gare pour me rendre Lyon. Je retrouve la chambre d'hotel que j'ai louée près de la gare de Lyon Perrache. je reprendrai le train demain en direction de Saint-Étienne. Mais la semaine prochaine nous reviendrons à Grenoble et cette fois-ci avec le fourgon aménagé en camping car, pour d’autres aventures de voyage.
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le 9 février, 2008 @ 19:35
bjrs
ns avons bien lu les articles,meme celle des poches du vetement